dimanche 23 novembre 2008

Les caprices de Marianne

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Vu  Les caprices de Marianne  au théâtre Gyptis , ce soir .
C'est une pièce qui me bouleverse toujours, je ne sais pas pourquoi.
 
Octave , le libertin, interprété avec brio par Guillaume Clausse, avance sur un fil , « danseur de corde en brodequins d'argent » .
Il échappe aux monstres qui se suspendent à son manteau, aux grands mots et aux grands sentiments pour garder l'équilibre et ne rien renverser de sa coupe de vin .

Coelio, son double inversé,  excellemment incarné par Grégoire Roger , n'a pas  « la douce insouciance qui fait de la vie un miroir où tous les objets se peignent un instant et sur lequel tout glisse »
Pour lui, Françoise Chatôt qui a mis en scène cette pièce de Musset , dit avoir pensé  à l'errance solitaire de Kurt Cobain jusqu'à sa mort programmée telle que la représente Gus van Sant dans Last Days.
Brun, hâve, triste, le cheveu abandonné, image de manuel du poète romantique, il suit sa trajectoire et  La nuit de décembre l'accompagne .
«  A l'âge où on croit à l'amour
J'étais seul dans ma chambre un jour,
Pleurant ma première misère
Au coin de mon feu vint s'asseoir
Un étranger vêtu de noir,
Qui me ressemblait comme un frère... »


Marianne , vertueuse , fidèle à son juge de mari et dévote, est consciente de la position de la femme dans cette société du 19ème siècle:  maman ou putain ? Le moindre faux pas est fatal.
«  Si je me rends, que dira-t-on de moi? N'est-ce pas une femme bien abjecte que celle qui obéit à point nommé, à l'heure convenue à une pareille proposition? Ne va-t-on pas la déchirer à belles dents, la montrer du doigt? et faire de son nom le refrain d'une chanson à boire ? Si elle refuse au contraire, est-il un monstre qui lui soit comparable? Est-il une statue plus froide qu'elle et l'homme qui lui parle, qui ose l'arrêter en place publique , son livre de messe à la main , n'a-t-il pas le droit de lui dire : vous êtes une rose du Bengale sans épine et sans parfum ! »

Tous les trois courent au désastre.
Le feu du Vésuve ( la pièce se passe à Naples) couve.
Le carnaval bat son plein , une liberté explosive mais limitée , les danseurs de Hip-hop ( stupéfiants ! ) intégrés au spectacle, exaltent la vie, l'énergie du corps mais ce sont eux qui tueront Coelio ; en mourant , ce dernier tuera à son tour la jeunesse d'Octave et tout espoir de bonheur pour Marianne.

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Posté par pado1954 à 00:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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