mardi 30 juin 2009

DNB 2009

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Pour redonner le moral à nos élèves de troisième, sur fond de crise économique , plans sociaux et progression du chômage, l'académie d'Aix-Marseille proposait cette année aux épreuves de français du brevet , un texte de notre dernier prix Nobel de littérature, J.M.G Le Clézio.
Un SDF découvre dans son repaire, près d'un canal, par un matin gris d'hiver, un bébé, une petite fille abandonnée, « l'enfant de sous le pont »...
Une lueur d'espoir sur fond de détresse semble vaciller à la fin du texte ( Hugo n'est pas loin ) , les faits se déroulent dans le sud ( et on le sait depuis Aznavour « la misère (est) moins pénible au soleil » ) mais le bébé est bien nu , il fait bien froid et l'estrassier demeure bien démuni.
La dictée, quant à elle, extraite d'une oeuvre de Maupassant plongeait les candidats dans une noirceur totale puisqu'elle évoquait le destin forcément tragique d'un mendiant infirme,  à qui le « on » collectif des paysans de la région n'accordait plus ni attention, ni charité.
Et encore, bien peu de nos ados, je pense, connaissaient la fin de cette bluette intitulée Le gueux, cruelle et pessimiste à souhait , à la mode d'un Maupassant aussi noir que Céline. Ici pas de rédemption. Pour personne.
Cloche, le gueux , mourant de faim depuis plusieurs jours, repoussé de tous, tue une poule, se fait arrêter, rouer de coups et agonise dans sa cellule à même le sol parce que les gendarmes n'ont même pas pensé qu'il pouvait avoir besoin de manger.
Les mots « masure » ( « t'as mis un 1 z ou 2  », entendait-on dans les couloirs ) « loqueteux » et « mendicité » ont certes déconcerté certains mais à défaut d'être réjouissant, l'ensemble était assez facile.


C'était une petite fille
un bébé rose dans un carton.
Le canal semblait immobile
pourtant l'eau coulait sous les ponts.
Il est des naissances faciles
dans des cliniques de Neuilly
des fées marraines à Chantilly
et des destins à la dérive
qui s'échouent là au bout d'un quai.
Tout le monde n'est pas Moïse.
Dans un matin de brume grise
en lieu de princesse native
ce fut la misère adoptive
d'un chiffonnier au coeur usé
qui accueillit le nouveau né.
Les amours coulent comme l'eau.
Reste parfois au parapet
une poupée de chair et d'os.
La vie s'accroche la vie insiste .
L'enfant criait à cris perdus.
Epouvantail épouvanté
l'homme regardait la peau nue.
Entre ses mains sales et gercées
il tenait le corps si léger
et avait peur de le briser.

Posté par pado1954 à 17:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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